2008/11/05

MODAFUSION


La dernière Ethical Fashion Show s'est déroulée au Carrousel du Louvre. J'y ai animé une table ronde, un dimanche matin, acte héroïque s'il en est, dimanche tôt le matin, je n'y crois même pas. Etaient présents des intervenants absolument remarquables. Avec des numéros, c'est plus simple. 

1) La Brésilienne Bia Saldanha, responsable des achats de caoutchouc chez Veja.
2) Le créateur  José Miguel Valdivia qui  fait travailler des éleveurs de lamas, et les rémunère correctement. La proj d'image de lamas nous a rendus fous de cette créature insensée.
3) La merveilleuse Uma Prajapati,  qui travaille dans un studio de design à Auroville, ville utopique du Tamil Nadu en Inde. Ils ont ressuscité un grand nombre de métiers à tisser à Bénarès, ceci alors que les tisseurs devenaient miséreux et devaient se tourner vers d'autres métiers. C'est le Varanasi Project.
4) L'italienne  Gabriella Ghidoni a le cran de monter une ligne de vêtements, Royah, à Kaboul, en toute simplicité. Les ateliers sont ouverts à tous sur place pour qu'il n'y ait pas de hic avec le travail des femmes. Chacun peut constater qu'elles ne sont pas en train de se rebeller mais qu'elles cousent. Mais elle reconnaît avoir du mal.
Quatre trajectoires exemplaires.

Mais en fait je ne voulais pas vous parler de cela mais du travail époustouflant de Nadine Gonzales, la créatrice de Modafusion. La marque n'est qu'occasionnellement distribuée en France comme récemment chez Colette. C'est abusivement dommage. Il s'agit pour moi d'une des rares marques accessibles dont le talent et l'inventivité atteignent des sommets.
Modafusion met en exergue plusieurs techniques exécutées par les femmes des favelas, telles que broderie ( mais pas une broderie de mémé, s'entend), superpositions et pliages, batik sur soie...tous les tissus sont écologiquement corrects. Donc le genre de fringues d'une créatrice frenchie qu'on achète davantage pour son style que pour l'argument écolo, ce qui est malheureusement rarement le cas...

La marque s'est fait connaître via son coup d'éclat avec le travail des prostituées avec la ligne "daspu", puis grâce à sa collaboration avec Fifi Chachnil. Aujourd'hui, Nadine Gonzales va plus loin, elle prépare une fashion week équitable à Rio. Mais la jeune dame ne se contentera pas d'installer des stands de marques et d'organiser des défilés. Elle compte mettre en rapport les acteurs du luxe avec les tisseurs et les personnes assurant des techniques traditionnelles locales. Une idée très valeureuse, qui va vraiment de l'avant. Pourquoi ne sont-ils pas tous comme elles?

Je vous tiendrai au courant de cet événement.
Et bientôt je vous parlerai de Monsieur Borloo. Je n'en dis pas plus, ni moins.

1 commentaire:

Blogger a dit…

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